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Le forestier, le jardinier, l’homme né pour cultiver,
dont les mains s’enfoncent dans la terre et germent,
pour lui, le sol est une drogue divine. Il entre dans la mort
tous les ans et en revient réjouit. Il a vu la lumière se coucher
dans le tas de fumier, et renaître dans le maïs.
Sa pensée file comme une taupe à la fins de rangées.
Quelle graine miraculeuse a-t-il avalée
pour que la phrase sans fin de son amour jaillisse de sa bouche
comme le lierre s’accrochant à la lumière du soleil, et comme l’eau
descendant dans l’obscurité ?
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Par Wendell Berry
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Traduction : Yannick Imbert
