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Depuis le porche, au crépuscule, j’ai observé
le vol sauvage d’un martin-pêcheur,
un vol mû seulement par la joie.
Il est venu de la rivière, éclaboussant
la surface de l’eau qui s’assombrissait
comme un caillou qui ricoche, avant de
disparaître hors de vue. Et pourtant,
j’entendais encore les éclaboussures
de plus en plus lointaines
alors que l’obscurité grandissait. Il est revenu
par le même chemin, sombre tel son ombre,
soudain par-delà des saules.
Les éclaboussures petit à petit se sont tues.
Il faisait nuit alors. Quelque part,
la nuit l’avait accueilli
— à l’endroit où il se dirigeait
ou là où, guidé par sa joie,
il est arrivé.
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Wendell Berry
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Traduction : Yannick Imbert
